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"Je marchais à l'orée d'un bois de sapins,
au sommet d'un talus qui dominait une route de terre.
J'évitais autant que possible les terrains plats et, depuis
le bombardement,
me méfiais des villages et des routes.
...Les passants m'ignorent. Ils ne voient pas que je suis un loup
égaré dans la ville.
Un loup gris mâle ou femelle (...), sans repères
dans l'indifférence humaine.
...On ne voit que mon apparence, laide de souffrance, je suis
couverte de plaies et de croûtes, les pieds
déformés par ma longue marche à travers leur
monde en guerre.
J'ai vu la mort partout, connu le froid et la faim plus qu'ils
ne sauraient l'imaginer.
J'ai vécu parmi les loups,
je suis devenue loup moi-même de corps et d'esprit.
C'est pourquoi ils ne comprennent pas cette force violente qui
m'habite,
ce besoin impérieux de mordre si on m'attaque,
cette faim que je ne parviens pas a satisfaire,
et cette liberté sauvage que je cherche par tous
les chemins possibles"
/Misha Defonseca
"Survivre avec les loups"/
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"C'est
ainsi, j'ai découvert
que mes cordes vocales étaient capables de tenir les notes si aigues,
que personne n'ose de me prendre de mon tambour!"
/Günter Grass: "Blaszany bébenek"/
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Là, je vais violenter le monde
Je vais écraser tout ce qui voudra m'arrêter. Qui tâchera
de barrer le chemin de mon cours
Et je vais vaincre
A toutes les salopardies du monde
Là, je suis en rage - o, ne m'énervez
plus, là
! Ma silhouette aérienne
et mon visage d'une enfant vont vous tromper
Parce que je vais vous mordre
Je vais kàsac...!
Chaque skurwysyn
qui se mettra sur ma route
Bédé kàsac, ja - ta z twarza
dziecka
Az KREW POJDZIE - jak mi z serca poszla
i idzie jeszcze*
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*je vais mordre, moi - celle au visage d'enfant
jusqu'à quand le sang commencera de couler - comme il a jailli
de mon cur
et jaillit toujours
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"Je
n'ai pas mendié ma nourriture quand j'étais seule
au monde, je l'ai toujours volée. Je n'ai jamais mendié
d'affection non plus.
Seuls les loups m'en ont nourrie comme une des leurs. J'étais
sans le savoir un petit loup qu'ils ont reconnu et comblé
de leur gibier et de leur chaleur.
Eux seuls m'ont protégée, et j'ai eu tort de chercher
le chemin de mes souvenirs d'enfant parmi les humains. Je ne reviendrai
pas sur mes traces,
mieux vaut les laisser s'effacer définitivement. Je n'ai
pas de nom, je m'en fiche. Pas de famille, je m'en fiche aussi.
J'ai survécu avec les loups, c'est une empreinte indélébile
que je porterai toute ma vie.
J'apprends maintenant à vivre au milieu des humains,
et j'apprends bien, sans les aimer, avec juste ce qu'il faut de
haine pour tenir debout sans pleurer.
Je sais faire l'humain, je connais leurs grimaces (
). Et
j'éprouve toujours une intense jubilation
de ce que j'ai vécu d'exceptionnel et qu'ils ne connaîtront
jamais.
(
)
Tu n'as pas la plus petite idée, madame 'qui n'était
pas là pendant les rafles' (
), de comment j'ai fait
ma propre guerre".
(...Alors tais-toi!)
"Elle est là mon identité, dans mes jambes
fortes et tout en longueur, habituées à marcher
et à courir.
Dans mon estomac de loup affamé, dans mes dents blanches
et solides qui ont tout rongé. Je suis un animal fort et
courageux,
j'ai appris seule à me défendre, à attaquer,
à survivre".
/Misha
Defonseca
"Survivre avec les loups"/
~ ~ ~
Je dansais,
je me sauvageriais dans les flots du sang
Puis, j'ai vu mon image, avec le même sang sur mon visage,
sur mes joues, sur ma bouche
!
Je peignais avec le sang, les fleurs et les orages
J'ai vu la danse de mes surs dans le Cri,
elles dansaient comme moi et comme danse mon âme,
tout dans ce sang carminé
!
J'ai
entendu, et puis j'ai lu, les mots de celle qui a survécu
parmi les Loups -
mais encore avant, j'ai survécu les enfers et tous les
vents du monde me portaient au diable
!
J'entendais hurlement du vent
!
et j'ai compris, en voyant cette danse sauvage,
j'ai compris jusqu'au bout de ma dernière tripe, jusqu'à
goutte dernière et de cette la plus carminé
du sang - je suis ici et je suis une louve, perdue parmi vous
Une louve
! Louve hurlante - n'essayez pas de me faire fermer
ma gueule!
Une
louve - pour ça je mords si on m'attaque, pour ça,
je cours cheveux au vent!
N'essayez pas de m'arrêter
Ne tachez pas de ralentir mon cours, ni de me contraindre à
marcher avec votre vitesse pale,
n'ayant rien de commun avec le Vent!
Parce que vous ressentirez la force de mes dents qui craquaient
dans tous les mûrs de ce monde,
abîmés par toutes les enfers dont j'étais
plus forte,
et mes cheveux vous etrangleront vos cous cassables et fragiles...!
Et vous ressentirez les flots rouges du sang - il coulera de mes
cheveux,
il coulera sur tout le longeur, jusqu'à vos têtes
cachées dans les coussins mous bourgeois
!
Je suis une Louve, je ne me taillerai aux mesures de votre monde
Jamais redonner ma force sauvage
Mes yeux, mes cheveux, me trahisseront parmi vous
Je
suis une Louve - jusqu'à la fin de ma vie je vais chercher
mes frères de ma horde.
Mais pas des loups bien gentils, comme chez vous, comme ça
se dit
!
O, les " gentils " ! - je vais les mordre
!
Je vais mordre et hurler - oooooo, ne tacherez pas d'arrêter
mon cours
!
Une
louve
pour ça, j'ai tel mépris dans mon cur,
mépris né de vos mots
osant tacher m'apprendre l'idée de me plier devant toutes
les âneries du monde
!
Pour ça, un tel bonheur du sang !
N'essayez pas de m'apprendre la peur - je vais rire...! Puisqu'elle
n'existe pas dans mon monde!
Je vais faire couler le sang, je vais voir du sang, de chacun
qui oserait 'civiliser' mon chemin
A toutes les tonnerres du monde...
Je hurleeeeeeeeeeeeeee
!
Faim
de la Liberté, Liberté sauvage
"Mes yeux, mes cheveux, me trahisseront parmi vous"
Et vous, venez, frères de tous les vents au diable
!
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